Garden of Bones

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Je pense avoir saisi, avec cet épisode 4, ce qui différenciait la saison 1 de la saison 2 de Game of Thrones. Dans la saison 1, tant en terme de narration que d’importance et de charisme, la figure de Ned Stark dominait. Et le moins que l’on puisse dire, et nous le voyons encore plus depuis quatre épisode, c’est que Ned Stark était peut être le seul personnage profondément bon dans toute cette histoire. Alors oui, cela n’est pas une grande découverte, mais ça m’a sauté aux yeux lors de l’épisode de cette semaine qui est d’une noirceur presque jamais atteinte jusqu’ici. La mort de Ned Stark a laissé la place à un monde et à des comportements aussi malsains que cruels : Craster, Jeoffrey, Theon, Stannis ou encore Melissandre. Certes, ils étaient déjà présent, mais ce bon vieux Ned était, en tout cas pour nous spectateurs, comme un rempart.
Commençons par le plus évident : la mort de Ned Stark est concomitante de l’arrivée de Jeoffrey sur le trône, et le moins que l’on puisse dire est que nous avons affaire à une vraie petite ordure. Je trouve assez extraordinaire, de la part des scénaristes mais aussi de la part de Jack Gleeson, d’arriver à le rendre si méchant, si malsain, si fou tout simplement (comme lui rappelle Tyrion, avant son père régnait le « Mad King » dont il prend le chemin), sans tomber dans la caricature. J’attendais la confrontation entre Tyrion et son neveu, et la scène fut un régal, un régal de voir ce piètre roi remis à sa place. Mais jamais je n’aurais pu en deviner les conséquences, et cette scène avec les deux prostitués est absolument terrible. Et ce n’est que le commencement.

Car dans la famille et les troupes des Lannister, tout le monde use de la malice ou de la cruauté. Même Tyrion, qui pourtant, avec ses traits d’esprits et son humour n’en reste pas moins lui aussi une véritable ordure, ou pour nuancer, une personne capable de devenir cette ordure lorsqu’il le faut. Nous le voyons, il parvient à manipuler son cousin, aux détriments de sa sœur, avec une finesse effrayante. De même, il faut noter l’esprit retors de l’auteur, qui a imaginé cette torture des rats à Harrenhal. Martin et HBO étaient vraiment faits pour se rencontrer, car on n'imagine pas (peut être sur FX à la limite) des scènes comme celle de la torture du rat. Les troupes des Lannister semblent être aussi folles que leur roi, et il faut l’arrivée de Tywin pour remettre de l’ordre : finalement, Tywin et Tyrion se ressemblent. La raison passe avant tout, mais la fin peut justifier de terribles moyens
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Du coté de Robb Stark la guerre continue et "Le Roi dans le Nord" vole de victoires en victoires. D’ailleurs, la première scène de nuit, le moment où il apparaît au clair de lune est très belle et très héroïque, elle lui donne vraiment le standing d’un roi. Robb a repris le rôle de son père, son souhait est uniquement de venger son honneur et de récupérer ses sœurs. Il refuse la torture, il refuse d’exécuter ses prisonniers et en prend soin, du mieux qu’il peut. Mais il n’en est pas « gentil » pour autant. La discussion avec la jeune femme (dont j'ai oublié le nom) le met devant ses contradictions, devant sa lâcheté, qui n’est pas apparente mais qui est là : il fait la guerre pour venger son père, mais après il s’en retournera dans le Nord à Winterfell, et laissera le monde aux mains du plus fort, et c’est bien là le problème.
Car la lutte fratricide dans le clan Baratheon n’augure rien de bon. Renly (Gethin Anthony) tire son épingle du jeu, et approche le plus de la stature d’un roi. Mais nous avons vu ses faiblesses cachées, enfin, pas si cachées que cela d’ailleurs puisque tout le royaume semble connaître ses préférences. En revanche Stannis (excellent Stephen Dillane) sombre de plus en plus dans les ténèbres, « aidée » par Melissandre. Mention spéciale à Carice Van Houten, qui apporte à ce personnage, par ses attitudes, par ses regards, un aspect constamment menaçant. Et cette scène finale, mais quelle scène finale ! Je parlais d’aspect malsain pour cet épisode, cette scène le symbolise tout à fait. Il fait sombre, les personnages sont malsains, leur nudité est crue et vulgaire et les situations dérangeante : l’accouchement de Melissandre est le summum, à la fois de la noirceur puisqu’elle semble accoucher d’une créature des ténèbres, mais aussi du drama. Pour moi, cette scène est comparable à la naissance des dragons. Sauf que pour les dragons, nous avions attendu le dernier épisode de la saison 1, là nous n’en sommes qu’au quatrième. En parlant de dragons, un petit mot sur Deanerys, qui parvient à trouver, à Qarth, un refuge. Cette partie fait du bien, ne serait-ce qu’à l’œil puisqu’elle nous permet de retrouver un peu de lumière. Mais une nouvelle fois, les personnages semblent porter en eux le vice et la violence. C’est notamment le cas ici de l’émissaire des treize : personnage très interessant, qui fait penser à ces tribuns ventripotents de Rome ou d'Athènes, ces personnages publics de haute valeur qui, une fois dans le domaine privé, peuvent adonner à toutes les exactions les plus abjectes. Je ne sais pas, n’ayant pas lu les livres, si ce sera le cas pour lui, mais son accoutrement, sa physionomie et son langage m’en ont donné une très mauvaise, et très dérangeante expression. Et le fait qu'il ne donne pas son nom (le nom, dans la série comme dans tout monde aux accents médiévaux, est extrêmement important) n'augure rien de bon. Les lecteurs me diront si je me trompe ou non.
Malsain, cruel, violent, dérangeant, sombre, cet épisode nous fait sortir de l’introduction, de la présentation des personnages et les utilise enfin pour nous faire plonger dans le vif du sujet. Le casting est vraiment d’une immense qualité, ils semblent tous habités par leur personnage et tiennent un récit qui, pour l’instant, ne nous a pas offert de grandes avancées. Cet accouchement mystérieux va faire bouger les choses, mais en tout cas cet épisode prouve pourquoi Game of Thrones, même si elle n’en est qu’à la moitié de sa deuxième saison, est une très grande série. Elle ne cherche pas à plaire, elle ne cherche pas le joli, Game of Thrones creuse au plus profond de l’âme humaine pour en tirer une noirceur qui effraie et passionne à la fois
Bilan: Excellent épisode, le meilleur de cette saison 2 jusqu'ici.